COVID-19… Kay ni ? (3)

Le territoire où je suis né et où j’habite en ce moment est situé dans la zone tropicale nord, formant « bannzil » dans l’archipel des Caraïbes. Ainsi nommé depuis 527 ans, suite au premier voyage effectué par le navigateur Christophe Colomb en 1492, au nom de la reine espagnole, Isabelle de Castille. Les « îles » furent nommées, les « peuples » furent nommés, les plantes, les animaux à la suite. L’Occident jetait alors sa rapacité sur des terres, des hommes, des richesses du « Nouveau Monde ». La question ne se posait point de savoir quelles seraient les conséquences d’un tel acte ? Absolument pas. Le conquérant ne se préoccupe que du bénéfice de ses conquêtes. Toutefois, le solde de ses actions est inscrit, dès le départ, dans la somme de ses rapines. Et, bien souvent, qu’il réalise ou pas son souhait le plus profond, il le matérialise dans les valeurs qu’il transmet à ses héritiers. Jusqu’à son quatrième voyage C. Colomb pensait avoir atteint l’Inde. Il ne saura jamais qu’il se trouvait face à un nouveau continent, nommé plus tard, Amérique. Il y aura les « Indes occidentales » et bien évidemment les « Indes orientales », car le Portugais Vasco de Gama (1498) double le Cap de Bonne Espérance et rejoint l’Inde, proprement dite. Le monde était ainsi créé par les Occidentaux. Telle est l’origine première des problèmes qui nous préoccupent actuellement sur cette terre.

Aussi, le débat en cours, en France, sur la stratégie à mettre en place contre le Coronavirus nous intéresse au plus haut point.

Les maladies infectieuses importées dans les îles de la Caraïbe et sur le continent au XVIe siècle par les Européens ont fait des milliers de victimes chez les Indios d’abord, pour cause, car les Taînos, Kalinya et autres Amérindiens ne connaissaient pas la variole, etc. La dure réalité sanitaire dans ces contrées lointaines (du point de vue de l’Europe occidentale) ne s’apparente aux yeux des diverses compagnies capitalistes qui y investissent, qu’à des difficultés naturelles pour exploiter les nombreuses richesses du sous-sol, de la faune et de la flore. L’expérience accumulée par les praticiens mis au service des populations immigrées (colons, engagés, esckaves), adossée à la connaissance usurpée auprès des chamanes et autres boyés a permis à la science médicale naissante (voire à la science tout court!) en Occident de connaître une brutale accélération entre la fin du XVIIIe et la fin du XXe siècle. Nos morts innombrables ont servi de terreau à la science médicale en Occident.

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