« OUTRE-MER ! »: De l’ESCLAVE au CITOYEN-COLONISÉ… (7)

2) La République « Outre-Mer »!

a) Entre le vécu des gens et les inscriptions au fronton des temples de la République
Il ne fait pas de doute aujourd’hui que l’exploitation des richesses de l’Afrique (des Etats
indépendants depuis 1960 !) par les groupes Areva, Total…, la mise en place du franc CFA, etc, sont l’une des expressions du pillage organisé du continent. Cette politique inspirée de la convergence des opinions diverses débattues entre les années 1946 à 1962, a assuré à la France une position dominante durable sur le continent « libéré ». Et, les conséquences en matière d’immigration en Europe (cf. navire Aquarius sur la
Méditerranée en 2018) sont incalculables. Nombre de gouvernements européens se déclarent hostiles à l’arrivée de « hordes d’étrangers » sur leur sol.

En France, l’opinion est partagée, comme toujours. Une élite intellectuellement acquise à la cause des dépouillés encore colonisés, apporte un soutien actif à ceux qui, au péril de leur vie, traversent des déserts, des mers et des océans, à la recherche d’un souffle de vie décente. Dans la plupart des grandes villes de l’Europe de l’ouest, souvent dans leur coeur abandonné, plus couramment à leur périphérie populeuse, se dressent des « camps », non de concentration, ni même d’éducation, mais de « réfugiés » sortis des entrailles de la domination capitaliste-colonialiste. C’est un effet boomerang de la colonisation.

Quelle honte !

En effet, pour qui ? Pour la puissance ayant prétendu « civiliser le monde » ! C’est la misère qu’elle a répandue chez les .Peuples colonisés.

De plus, en Guyane et à Mayotte, tout particulièrement, la question de l’immigration est au centre des préoccupations des gouvernants parisiens et locaux en ce qui concerne les relations avec les pays voisins.
D‘une façon générale, dans les DOM, TOM et autres Collectivités ou Pays d’Outre-Mer, anciennes composantes de l’Empire colonial, de l’Union ou de la Communauté française, les situations sont diversifiées. Mais, il y a quelques marqueurs communément partagés, tels le chômage des jeunes, devenant endémique, la délinquance qui se développe, l’émigration qui est une plaie, la corruption, un mode de gouvernance et le démounaj (forme ultime de zombification), un implacable fléau…

Si en 1946, les supputations d’Edouard Herriot, au sujet la possibilité que la France soit « colonisée par ses propres colonies », dans les cas ou, « le nombre d’électeurs africains et polynésiens surpassant le nombre d’électeurs métropolitains », et de par ce fait, les « colonisés » de l’Union dicteraient leurs lois à la France, ne semblent pas une utopie, nous n’en sommes pas moins, 72 ans plus tard, dans l’effet inverse, particulièrement dans les DOM, TOM…, menacés aujourd’hui par le « génocide par substitution», comme a
pu dire A. Césaire, l’un des pères de l’assimilation de 1946. Les données de l’Insee nous fournissent quelques chiffres concernant l’actuel développement des RDOM des Amériques. En Guadeloupe, par exemple,
« La population est en légère diminution depuis 2012. Elles est estimée à 395 730 habitants au 1er,janvier 2016. Le PIB par habitant s’établit à 21 005 euros en 2016, soit une hausse de 0,2 % en euros constants par rapport à l’année précédente. En Martinique, le PIB par habitant s’élève à 23 155 euros, en Guyane à 15 813 euros et sur la France entière à 33 400 euros. Le taux de chômage reste structurellement élevé, mais stable à 24 %, supérieur à celui de Martinique (18 %) et de Guyane (23 %).»(32)
Le PIB de la France (métropole) est supérieur de 31% par rapport à celui de la Martinique (RDOM-colonie), la plus développée.
Aujourd’hui, en Guadeloupe, les Blancs-créoles et les Békés vivent en vase-clos, dans des quartiers sécurisés. Leurs successions se font dans le périmètre ethnique du « clan ». Il n’y a aucune raison de vouloir changer cet état de fait, disent, à qui veut l’entendre, ceux d’entre eux, qui osent s’exprimer sur le sujet.
L’immigration levantine ou asiatique s’est imprégnée de ces acquis coloniaux et les reproduit allègrement.

Quand aux « réfugiés clandestins » (Haïtiens, Dominiquais, Dominicains et autres Caribéens), qui débarquent en pleine nuit sur les plages du « département », ils espèrent pouvoir refaire leur vie, mais malheureusement ce n’est pas le plus souvent le cas. La majorité de la population, d’origine afro-kalina, afro-indienne  et indienne, est
victime d’un empoisonnement de masse par le chlordécone, molécule ayant été autorisée aux planteurs de banane, et qui s’est répandue pour des centaines d’années, dans les principales zones d’approvisionnement en eau potable de la Guadeloupe. La même problématique se pose en Martinique, île voisine.



———————————- Note

32 –Insee, cf. CEROM, N° 26 / octobre 2017.

 

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