LUREL fait les poubelles de l’histoire coloniale de la France

Depuis environ trois semaines le député français, d’origine guadeloupéenne, Victorin LUREL, fouille les poubelles de l’histoire coloniale française afin d’extirper des cadavres législatifs dont la puanteur détonne avec les belles poses mémorielles de l’État colonial.

En effet, il profite de sa mission concernant la « totale et complète égalité pour les outre-mers » afin de dédouaner l’État colonial d’un héritage encombrant. Il parcours les médias en insistant sur quelques aspects choisis en fonction de la stratégie du LKP, ni plus, ni moins.

Le LKP, depuis juin 2011, a choisi de définir son action comme l’expression d’une dynamique nouvelle, d’un « mouvement de masse anti-colonialiste et anti-capitaliste« …. L’extension de ses revendications, un peu plus vers l’appropriation du foncier, l’attention portée à la situation des agriculteurs (placement de jeunes agriculteurs du nord Grande-Terre sur le FVD de Beauport, soutien aux revendications des cultivateurs de Daubin, à l’Ouest de Sainte-Rose…) marquait une volonté de remise en cause du système colonial lui – même, et non un aménagement du quotidien colonial, comme le souhaite nombre de prétendus progressistes. Au cours du premier semestre de l’année 2013, cette orientation s’avérait particulièrement productive avec des manifestations qui eurent lieu à Daubin et aboutirent à la clôture de plusieurs dizaines d’hectares prétendument propriétés de la CIACL (Compagnie Industrielle et Agricole du Comté de Lohéac, dirigée par Hubert de JAHAM). Deux ans plus tard, l’intervention en avril 2015 à Genève, d’une délégation du LKP, lors d’une séance du Groupe de Travail des Experts sur le Droit des Afro-descendants auprès de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, changeait la donne et obligeait l’État colonial à envisager une offensive sur le plan de l’égalité des droits des ressortissants des outre-mers français.

C’est au mois de mai 2015, à l’occasion de l’inauguration du MACte, qu’est alors annoncé le plan confié à V. LUREL sur l’égalité. Il reviendra au président de la république française, François HOLLANDE, de dire sur les bords de la Darse de Pointe-à-Pitre, quelle était l’intention du pouvoir colonial. Quelques mois plus tard, nous voilà devant les premières conclusions du préposé aux basses œuvres : il remue les poubelles coloniales !

Que propose-t-il ? Dans l’avant – propos du rapport »Égalité réelle Outre-Mer » (Rapport au Ier ministre), remis en mars 2016, il est dit :

« La définition du concept de l’égalité est une question sociale lancinante et récurrente. Elle est à l’origine de maintes révolutions. Elle s’inscrit dans un débat aussi fécond qu’ancien qui mêle les plus grandes figures de la pensée philosophique, juridique et politique. Héritage de la Révolution française et de l’histoire républicaine, l’égalité politique des citoyens devant la loi a fondé le modèle français de justice sociale et forgé le sentiment d’appartenance à une communauté de valeurs et à la Nation. La République proclame que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits et que les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 a ajouté qu’ils demeurent libres et égaux en droits et en dignité. Il y a loin de la théorie à la pratique car « il y a des citoyens qui sont plus égaux que d’autres ». Les inégalités de conditions, de situation et de position gangrènent souvent les sociétés. »

C’est une manière élégante de dire que les affirmations du LKP en 2009, étaient plus que fondées. Mais, alors que faut – il attendre de ces constats bureaucratiques ? Pas grand chose, car, attention !

« Cette politique d’égalité des chances n’a pas vocation à supprimer les différences et admet, qu’à l’arrivée, il puisse exister des inégalités. Il s’agit en l’espèce d’inégalités justes car fondées sur le mérite. » Les 417 pages du « Rapport LUREL » ne dérogent pas de cet état d’esprit.

Il y a peu, ce missionnaire français a entrepris de soutenir son action par un recours au médias afin d’expliquer,

  • Il faut abroger la loi du 30 avril 1849 ? Mais alors, que faire de l’article 5 du décret du 27 avril 1848 qui fonde le dit article ?
  • Il faut réviser la loi TAUBIRA de 2001… pour en faire quoi ?

autant de sorties médiatiques qui ont pour seuls objectifs de contrer l’offensive du LKP contre les lois républicaines scélérates de 1848, 1849… et créer un maximum de confusion concernant les QPC déposées par LKP et examinées par le TGI de Pointe à Pitre, le 2 juin 2016 (résultat  le 8 septembre).

 

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