Dialogues : Français, Françaises ! M’entendez – vous ?

Je sais, vous êtes occupés à vous protéger du « salafisme radical », du « djihad, »du « terrorisme »… bref, les affaires sont mêlées en ce moment, vous n’avez pas le temps d’écouter… Mais, ce que j’ai à vous dire vous importe au plus haut point. Prenez le temps d’écouter – d’écouter quelqu’un d’autre que vous. Merci !

Depuis près de cinq siècles, vous avez façonné de vielles colonies ; leur environnement naturel et humain a subi des remodelages successifs, eh, oui !
Vous avez transformé des paysages en éliminant de nombreuses espèces de plantes, d’animaux et d’humains. Ne vous surprenez pas, c’est cela la colonisation.

Vous étiez toujours très loin de ce foyer de misère, de malheur, et pourtant je vous l’avais prédit : l’effet boomerang de la convection sociale déclenchée à la suite des expéditions entreprises en Amérique,vous atteindra un jour ou l’autre et vous serez surpris par la violence du choc qui vous sera réservé.
Ne vous méprenez surtout pas, il y a un avenir à tout, y compris à la plus effroyable sauvagerie. Pourquoi ?
Parce que vous êtes humains, pardieu ! Ou sé Nonm !…
Comment l’ai – je su ? Eh, ben, c’est le système colonial qui me l’a enseigné.

Il y a quelque chose que vous ignorez royalement depuis que la puissance publique, par le renforcement de l’Etat, sous Louis XIV, vous a immergé sous un flot d’orgueil, disputant à l’Espagne, puis à l’Angleterre les mérites de la prééminence européenne en matière d’autorité… Vous êtes humains !
Et, la puissance et la gloire, la richesse et le luxe vous ont fait perdre le sens naturel des choses et des êtres à qui vous ressemblez…
Vous vous êtes pris au jeu de l’exploitation éhontée des ressources de la terre, des forces de vos semblables, méprisant sans compter tous ceux qui ne vous imitent pas, nourrissant le désir secret de rester seuls, seuls, mais oui ! Seuls sur cette terre.
Elus, vous pensez l’être à tout jamais !
Les dominants n’ont qu’un été… comme tous les êtres ; l’hiver les rattrape et fond leur prétention de rester tout le temps le torse bombé à défier le soleil.
Une convection sociale, j’entends un enchâssement de valeurs, de rites, de cultes qui se mêlent en se percutant sans cesse dans un capharnaüm sans fin, brouillant des horizons millénaires ou récents, accélérant le processus de désintégration amorcé, est active depuis 1492.
Vous n’avez que peu fait attention à ce phénomène. Mais, il est dynamique, non contenu, depuis six siècles.
Il ne s’apparente pas à la prise du pouvoir par Odoacre à Rome en 496, ni même à la prise de Constantinople en 1454, et ne le comparons pas non plus à la sanglante incursion de Cortès dans Mexico, NON !
Il s’agit d’une secousse beaucoup plus intense que toutes celles connues.
Une convection, dis – je, qui sur un plan social procède de la même manière que le font les bouillons de matière sous nos pieds, renouvelant sans cesse, la croûte terrestre.
Toutefois, les matériaux, minéraux, gaz et autres, solides ou liquides sont fondus en un mouvement permanent de changement d’état qui ne leur laisse pas le temps de la conscience.
La matière a réservé à l’homme la connaissance de cet état subliminal. Pourtant, trop peu d’entre nous parvient à surmonter les obstacles qui nous sont opposés afin d’y parvenir. Car, il nous importe avant toute chose de satisfaire des besoins élémentaires : se nourrir, se reproduire, se cultiver…
Dès lors que les limites égoïstes en quelques uns imposent des changements de cap importants dans la vie sociale, la convection se produit en se manifestant d’abord par des heurts mesurés, puis de plus en plus violents, selon que les secousses soient longues, profondes et intenses.
La secousse de 1492 provoque encore des répliques que nous avons peine à distinguer de ce qui s’est passé avant cela. Nous procédons à des comparaisons entre les faits constitués sans réellement nous soucier de leur indéfectible sédimentation.
Voilà qui devrait vous convaincre que vos récentes initiatives, sur les trois derniers siècles vibrent en votre présent, en vous renvoyant par des mouvements significatifs des effets de votre implication.
N’entendez pas que vous êtes personnellement auteurs des faits passés, mais que vous en êtes solidaires par le corps social, par la culture.
La responsabilité présente est la vôtre, pas celle des disparus.
Vous restez solidaires des crimes de masse, hier, perpétrés !
Assumez, c’est remonter le cours initial jusqu’à la secousse et non pas répondre vaille que vaille à la réplique.
Vous n’êtes pas coupables, mais responsables !

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