NOU sòti Bawbad

Mwen é Lik, nou sòti rété Bawbad, pannan on simenn, pou nou té pawtisipé adan on konférans ki nonmé « Islands in Between». An vérité nou pwofité pou té konnèt myé péyi -la.

Nou rivé Bawbad douvan jou, lè 2 novanm, koté dézè é dimi « A.M », paskè la LIAT té ni onlo rèta. Evidaman, rivé an mitan lannwit adan on péyi, apa méyè mannyè pouw pé dékouvè sa ki ni alantou a-w. On dòt koté, sa ka fè-w konpwann adan on bat zyé, ki jan péyi-la kléré, ki jan kaz a moun simé asi téritwa a péyi-la épi kijan lé batiman pozé asi tè a péyi-la. Sa ja ka pòté on lidé ba-w asi mannyè dévlopman mondyalizé sizé an péyi-la. Annou yenki di, pou bonn é érèz rivé an nou a Bawbad, nou trapé vit fè on lidé konm kwa, péyi la pito « dévlopé ».

Nou lojé adan on lotèl a « Sunset Crest » (St. James) asi koté anba van, solèy kouchan dannò a péyi-la. Sé on zòn ola tini yonn-dé monn ; fò pa palé montangn. Sépoulosdonk, nou pa té lwen a « Cave Hill University », on bèl sité pou jennès apwann konnèt é konpwann.

 

Pwèmyé jouné la nou a-y fè on lantou a Bridgetown é nou pwofité pou té vizité « Parliament » a yo. Nou té pé dékouvè plizyè èspozisyon asi vi a nonm an péyi-la é mannyè yo ka vwè nésans a Bawbad a jòdijou. Sa ki fwapé mwen sé kontinwité yo ka fè antrè lépok kolonyal é lépok pos-kolonyal. Sé pousa an ka kwè yo planté douvan lantrè a sal pwensipal la, dé figi : on fig a Nèg é yonn a Blan, fas-a-fas ka kadré pòt lantré-la. Sosyété-la an konstriksyon. Yo mété douvan valè a kouraj, valè a détewminasyon, valè a angajman, valè a krikèt, valè spirityèl kèlkè swa fom rèlijyon sa ka pwan aka lé nom é fanm ki konstrui péyi-la. Tousa pwézanté èvè vi a dé moun ka sèvi senbòl a péyi-la. Pwèmyé « Parliament » a yo monté an lanné 1654. Sé té tan ola an Langlètè konba va antrè moun ki pou Cromwell é dot ki kont li. Lé koloni sé zévan pou tousa ki ni poblèm an rèlijyon ouben an òwganizasyon politik é sosyal.

Konférans « Islands in Between», té pwévwa rousouvwè moun Létazini, Gwadloup, Matinik, Pòto-Riko, Trinidad, Bannzil Vyèwj é dòt ankò. Lè 2 oswa adan on kontré pou bokanté, tout moun vini, palé, bwè, manjé ansanm. Sé la an kontré Max, on Gwadloupéyen ka fè lékòl an linivewsité Matinik.

Landèmen, tout lajouné, adan plizyè « panèl » lang komansé fè lafimé : anglé siwtou, pannyòl, fwansé, kréyòl… pou èspliké, démontré kontèl sosyété Karayib-la vivan-vivan. Antrè lè mewkrèdi 2 é lè sanmdi 5 novanm 2016, mi sé konsa bokantaj pawòl fèt asi sosyété a lilèt Karayib épi bout asi on tèm : ki jan sosyété Bawbad ka viv jòdi poblèm a jénnès, poblèm a édikasyon é fowmasyon…?

Lé kontré té plen piman. Sé konsa èvè Karl, on Bawbadyen, pwofésè istwa, nou vizité on bon détwa koté, kontèl falèz an dannò, distilri … , « Tower Hill », lizinn a koton koté Senjòj… Nou pasé vwè on kouzen a-y é la nou dékolé èvè sa yo kriyé on ponch bawbadyen ; èvè glason adan-y sa ka sanm on ponch matiniken. Dayè, mwen apwann ki té ni onlo léchanj antrè Bawbad é Matinik jiskoté lé lanné 1960. On jou Karl té an Matinik aka dé béké é on kout kréyòl chapé an bouch a-y. I enki santi on kalòt rivé an figi a-y, « Bla…wwww ! » Sé madanm-la an kaz la ki woupwan-y kon sa : « Ce n’est pas une langue de civilisé, mon garçon ! »

Pannan déotwa jou nou sòti langanné, diskité asi kréyol… Sé pou di-w, la vi ka maché kochi ! On pawòl ki vré jòdi pé byen vin fo dèmen !

MWA MÉ …! MWA MÉMWA …!

Le mois de mai, dans l’histoire de la Guadeloupe, occupe une place particulière.

Pourquoi ?

D’abord, il s’agit de remarquer que le premier semestre (janvier-juin) est une période de  l’année dominée par le retour aux températures chaudes. La saison sèche, dite de carême s’installe progressivement . La pluviométrie annuelle enregistre ses plus basses précipitations. La deuxième phase de ce premier semestre (avril à juin) est celle qui consolide les premières tendances. Les corps (végétaux, animaux, humains) sont alors au maximum de leur revitalisation. L’environnement naturel est changeant : mer calme, végétation exubérante ou rabougrie (selon la tendance : carême vert ou sec)… Les vibrations atmosphériques peuvent être très variables : forte humidité, pression atmosphérique élevée… Les influences hivernales de la zone tempérée Nord s’estompent peu à peu et laissent place à une dominante équatoriale, qui se convertira quelques mois plus tard en des troubles atmosphériques violents (tempêtes, ouragans)….

Le mois de mai est au cœur de cette conjonction entre le plus frais et le plus chaud.

Sur le plan social, Kalukaéra (île aux belles eaux) voyait alors s’ébranler les canoas pour des expéditions Kalinas, vers les îles avoisinantes. Au cours de ce premier semestre, Les vaillants guerriers Kalinago se faisaient respecter, y compris par les Espagnols. L’intrusion coloniale française s’est effectuée au mois de juin 1635. Ainsi donc, deux mondes s’enchevêtraient pour une indicible confrontation.

  1. Mai 1802 : C’est le moment de la première conflagration qui prend un aspect principalement militaire. En effet, le Gouvernement provisoire de la Guadeloupe, installé le 5 novembre 1801, se trouve confronté six mois plus tard (le 6 mai 1802) a un dilemme : faut – il remettre le pouvoir à Richepanse, envoyé par Bonaparte, à la tête d’une expédition de plus de 3000 militaires ? La réponse sera  oui et non ! Ce sont d’abord, les « légitimistes » avec à leur tête Magloire Pélage qui répondent « oui »! Mais, les « indépendantistes » répondent  « non »! La personne reconnue comme le porte drapeau de cette dernière tendance, c’est sans conteste Joseph Ignace. Aussi, le 6 mai 1802, c’est la rupture… « yo ka kaskòd ! » La guerre est la seule issue. Elle est là dès le 10 mai sur les côtes sous le vent de la Guadeloupe. On connaît le déroulement des batailles qui opposent les deux armées. Mais, il mérite que l’on signale la décision des « officiers rebelles »de quitter le fort de Basse-Terre dans la nuit du 21 au 22 mai, scindant leurs troupes en deux colonnes : l’une s’élançant vers les hauteurs du Matouba, avec à sa tête Louis Delgrès, et l’autre vers les plaines de l’Est et Pointe-à-Pitre, sous le commandement de Joseph Ignace. Ce mois de mai 1802 se terminera par les défaites de nos troupes, d’abord le 25 à Baimbridge et le 28 à Danglemont.
  2. Au mois de mai 1848, c’est l’abolition de l’esclavage, sous la menace d’une révolte généralisée des esclaves de la Guadeloupe. Le gouverneur Layrle décide de devancer la publication du décret du 27 avril et rassure les esclaves et les maîtres : les uns seront « légitimement » indemnisés et les autres devront se mettre au travail afin de s’émanciper réellement.
  3. Le mois de mai 1967 voit l’assassinat d’une centaine de Guadeloupéens. Les forces coloniales tirent sur les ouvriers, sur les jeunes et sur n’importe qui dans la rue entre l’après-midi du vendredi 26 et la fin de la matinée du samedi 27.
  4. Entre ces mois de mai, nous nous souvenons des févriers sanglants : 1910 (2 morts), 1925 (6 morts), 1952 (4 morts)… nos premiers semestres portent le sceau du tragique.

Depuis le

 « Twa Jou Maché ! » de 2002

« Fè Mémwa Maché… Fè Konsyans Vansé ! » de 2004,

« Komité Mwa Mé » de 2005, signé UGTG, AKIYO, MOUVMAN NONM…

« ANMWÉ 67 ! » de 2006…Malgré les déconvenues et les désunions…

Il y eu  » JANVYÉ 2009 ! » du LKP !

Nos débuts d’année sont porteuses d’espérances  !!!

LUREL fait les poubelles de l’histoire coloniale de la France

Depuis environ trois semaines le député français, d’origine guadeloupéenne, Victorin LUREL, fouille les poubelles de l’histoire coloniale française afin d’extirper des cadavres législatifs dont la puanteur détonne avec les belles poses mémorielles de l’État colonial.

En effet, il profite de sa mission concernant la « totale et complète égalité pour les outre-mers » afin de dédouaner l’État colonial d’un héritage encombrant. Il parcours les médias en insistant sur quelques aspects choisis en fonction de la stratégie du LKP, ni plus, ni moins.

Le LKP, depuis juin 2011, a choisi de définir son action comme l’expression d’une dynamique nouvelle, d’un « mouvement de masse anti-colonialiste et anti-capitaliste« …. L’extension de ses revendications, un peu plus vers l’appropriation du foncier, l’attention portée à la situation des agriculteurs (placement de jeunes agriculteurs du nord Grande-Terre sur le FVD de Beauport, soutien aux revendications des cultivateurs de Daubin, à l’Ouest de Sainte-Rose…) marquait une volonté de remise en cause du système colonial lui – même, et non un aménagement du quotidien colonial, comme le souhaite nombre de prétendus progressistes. Au cours du premier semestre de l’année 2013, cette orientation s’avérait particulièrement productive avec des manifestations qui eurent lieu à Daubin et aboutirent à la clôture de plusieurs dizaines d’hectares prétendument propriétés de la CIACL (Compagnie Industrielle et Agricole du Comté de Lohéac, dirigée par Hubert de JAHAM). Deux ans plus tard, l’intervention en avril 2015 à Genève, d’une délégation du LKP, lors d’une séance du Groupe de Travail des Experts sur le Droit des Afro-descendants auprès de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, changeait la donne et obligeait l’État colonial à envisager une offensive sur le plan de l’égalité des droits des ressortissants des outre-mers français.

C’est au mois de mai 2015, à l’occasion de l’inauguration du MACte, qu’est alors annoncé le plan confié à V. LUREL sur l’égalité. Il reviendra au président de la république française, François HOLLANDE, de dire sur les bords de la Darse de Pointe-à-Pitre, quelle était l’intention du pouvoir colonial. Quelques mois plus tard, nous voilà devant les premières conclusions du préposé aux basses œuvres : il remue les poubelles coloniales !

Que propose-t-il ? Dans l’avant – propos du rapport »Égalité réelle Outre-Mer » (Rapport au Ier ministre), remis en mars 2016, il est dit :

« La définition du concept de l’égalité est une question sociale lancinante et récurrente. Elle est à l’origine de maintes révolutions. Elle s’inscrit dans un débat aussi fécond qu’ancien qui mêle les plus grandes figures de la pensée philosophique, juridique et politique. Héritage de la Révolution française et de l’histoire républicaine, l’égalité politique des citoyens devant la loi a fondé le modèle français de justice sociale et forgé le sentiment d’appartenance à une communauté de valeurs et à la Nation. La République proclame que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits et que les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 a ajouté qu’ils demeurent libres et égaux en droits et en dignité. Il y a loin de la théorie à la pratique car « il y a des citoyens qui sont plus égaux que d’autres ». Les inégalités de conditions, de situation et de position gangrènent souvent les sociétés. »

C’est une manière élégante de dire que les affirmations du LKP en 2009, étaient plus que fondées. Mais, alors que faut – il attendre de ces constats bureaucratiques ? Pas grand chose, car, attention !

« Cette politique d’égalité des chances n’a pas vocation à supprimer les différences et admet, qu’à l’arrivée, il puisse exister des inégalités. Il s’agit en l’espèce d’inégalités justes car fondées sur le mérite. » Les 417 pages du « Rapport LUREL » ne dérogent pas de cet état d’esprit.

Il y a peu, ce missionnaire français a entrepris de soutenir son action par un recours au médias afin d’expliquer,

  • Il faut abroger la loi du 30 avril 1849 ? Mais alors, que faire de l’article 5 du décret du 27 avril 1848 qui fonde le dit article ?
  • Il faut réviser la loi TAUBIRA de 2001… pour en faire quoi ?

autant de sorties médiatiques qui ont pour seuls objectifs de contrer l’offensive du LKP contre les lois républicaines scélérates de 1848, 1849… et créer un maximum de confusion concernant les QPC déposées par LKP et examinées par le TGI de Pointe à Pitre, le 2 juin 2016 (résultat  le 8 septembre).

 

QPC – LKP : l’ordonnance du juge de la mise en état

Le 14 avril 2016, à Pointe à Pitre, en Guadeloupe, Anne FOUSSE, juge de la mise en état , assistée de Françoise FERJULE, adjointe administrative principale faisant fonction de greffier, ont prêté serment et statué par ordonnance contradictoire, à la suite des débats à l’audience de la mise en état du 4 mars dont nous avons rendu compte sur ce blog, dans la semaine qui a suivi la dite séance.

Que nous dit cette ordonnance?

Tout d’abord que « le juge de la mise en état n’a pas compétence pour statuer sur les fins de non recevoir et la transmission des deux questions prioritaires de constitutionnalité posées dans le cadre de cette procédure. » Autrement dit, le champ des compétences du juge de la mise en état ne lui permet pas de dire le droit, « sur les fins de non recevoir » et de « transmission » des questions suivantes  : (cf. notre article du mois de mars 2016)

a) l’article 5 du décret du 27 avril 1848 est – il compatible avec la constitution française ?    b) la loi du 30 avril 1848 qui fixe les quotités d’indemnisation des « anciens maîtres » est – elle compatible avec la même constitution ?

Le juge rejette l’exception de procédure soulevée par L’État Français et renvoie l’affaire à « l’audience du 2 juin 2016, à 14 heures, pour plaidoiries sur les fins de non recevoir et les questions prioritaires de constitutionnalité. »

Ces questions relèvent donc d’une autre instance. A vouloir minimiser ces questions L’État se trouve dans l’obligation de répondre à nos arguments sur le fond, quoique qu’il ne manquera pas de distiller des fadaises sur la non recevabilité de ces questions.

Nous devons être en masse au tribunal en ce 2 juin , à 14 heures afin d’écouter les développements de L’État français à propos de l’une des plus troublantes contradictions de sa batterie de lois.

Liberté – Égalité – Fraternité…… peut être égal à …

Dominé sans chaînes matérielles,

Égalité dans le discours/Diversité dans les faits = Inégalité,

Discriminé …

= ASSIMILÉS !!!!!!!!!!!!!

 

Mme ROSSIGNOL chante le crépuscule de la France…

Madame Rossignol, la ministre chargée de l’Enfance, de la Famille et des Droits des Femmes, au gouvernement français,  a tenu des propos qui établissent, selon leur auteure, une analogie entre les « femmes voilées » (musulmanes qui acceptent leur déchéance, selon la ministre) et les « nègres », qui en Afrique et en Amérique, approuvaient l’esclavage des noirs d’Afrique.

L’interview de la ministre, sur RMC en l’occurrence, fait partie des actes ordinaires d’un ministre.

Selon cette personne, représentant de L’État français, il n’y a rien d’extraordinaire dans cet acte de communication. Elle ne voit pas pourquoi il y aurait matière à retirer des propos, somme toute, largement partagés dans l’opinion française et soutenus par des historiens dispensant des cours dans de nombreuses universités.

Nous assistons en cela à une des nombreuses manifestations d’un état d’esprit systématiquement entretenu par les services coloniaux oeuvrant au sein des différents ministères. Dès la fin de la seconde guerre mondiale, il y avait un consensus idéologique au sein du gouvernement provisoire, calé sur l’esprit d’une France « missionnaire », d’une « France millénaire », que tous les courants politiques adulaient et qu’il fallait reconstruire face à l’ogre américain et à l’ours russe. C’est l’axe contemporain de l’idéologie coloniale actuelle. Ses origines demandent un examen approfondi de la politique coloniale de la France depuis le XVIIème siècle.

L’expression gouvernementale de cette politique se manifeste sous la forme de discours, le plus souvent, spontané, que les responsables politiques ont de la peine à masquer. Tous, ils sont habités par une idée de la France. En France, on ne pense pas la question coloniale, on la vit. La France n’est pas la France, sans ses colonies.

Le fait colonial est la source de plus d’un propos ignoble. Il est difficile de se débarrasser de plus de trois siècles de domination. La laïcité s’accommode parfaitement à l’idée de mission, de supériorité  culturelle.

La décolonisation, qui est avant tout un acte politique, n’est pas un acte historique, in abstracto, qui absout de tous les vices dès lors que le mot est prononcé. En ce qui concerne la France, elle suppose que cette France bâtie sur des valeurs de suprématie raciale, de spoliation foncière, de manipulation républicaine soit déconstruite. Du moins, ceux qui le veulent peuvent – ils envisager une autre entité nationale. Tel est le rêve républicain ! Sa matérialisation portera un autre nom que France. Soit !

Décret du 27 avril 1848, Loi du 30 avril 1849…: 2 QPC du LKP !

 

  • Le vendredi 4 mars 2016, le LKP et trois autres organisations (UGTG, Fondation Frantz Fanon et COSE) se voyaient opposer par les avocats de l’Etat, un recours devant le juge de la mise en état, afin de soulever l’incompétence du TGI (tribunal de grande instance) au profit du TA (tribunal administratif).

En fait, depuis le mois de juin 2015, les dits organismes ont déposé deux QPC qui visent d’une part, l’abrogation du décret du 27 avril 1848, et d’autre part, celle de la loi du 30 avril 1849.

Le décret est entaché d’une contradiction, non dans sa forme, mais dans le fond même de son intention, et manifestement le législateur ne semble pas s’être préoccupé de l’expression d’une ineptie, dès lors qu’il condamnait un crime à l’article 1 de son acte (« l’esclavage est aboli dans toutes les colonies et possessions  françaises« ), en poursuivant à l’article 5 du même acte, par l’indemnisation des auteurs du crime (« l’indemnisation des colons »).

La procédure dite QPC (Question Prioritaire de Constitutionnalité), est une mesure qui permet à tout citoyen français depuis 2008, de demander l’examen, par le TGI, de toute disposition licite qui lui paraitrait en contradiction avec la constitution française. Le TGI examine la recevabilité de la question et transmet pour examen au Conseil d’Etat et à  la Cour de Cassation qui saisi sur renvoi le Conseil Constitutionnel qui se prononce définitivement, jusqu’à abroger la loi en question. Ainsi le législateur lui – même peut être mis sous l’étreignoir de la justice. Voilà pour le principe.

Le décret attaqué et la loi qui a suivi devraient être abrogés, nous n’en doutons, puisqu’ils sont contraires à la constitution.

Le LKP s’attaque à cette tâche judiciaire de manière à dévoiler  le masque d’hypocrisie que cache l’énoncé des grands principes : liberté, égalité, fraternité !

Depuis 1848, nous, les petits – fils d’esclaves, sommes dans la situation des « couillons« , bercés d’illusions, de jeux de rôle de dominés, de manipulés… Et, lorsque, l’on nous dit :« Mais non, cessez de vous plaindre ! Soyez positifs ! Laissez derrière vous ces temps de malheur que la République a condamnés. Construisons ensemble la France de la diversité, du métissage, le monde de demain…. », nous avons le devoir de répondre que tout est possible dans le « monde », mis à l’endroit.

Précisément,

ce que nous dénonçons, c’est le crime originel, l’assassinat du vieux Yans, le 26 janvier 1636 à Vieux – Fort, par le sieur De l’Olive, marquant le début de la guerre entre Kalinas et Français ;

ce que nous dénonçons, c’est la vente, à titre privatif de la Guadeloupe et la signature au même titre d’un traité signé à Basse – Terre, en 1664, consacrant la conquête de notre territoire par des aventuriers Français ;

ce que nous dénonçons, c’est l’introduction par des voies criminelles de milliers de captifs Africains réduits en esclavage (près de 300.000, dans la seule Guadeloupe);

ce que nous dénonçons, c’est la valse d’incertitudes concernant le statut de nos ancêtres qui vécurent en Guadeloupe entre 1789 et 1802 ;

ce que nous dénonçons, c’est le geste criminel de Napoléon Bonaparte, rétablissant l’esclavage en mai 1802, en Guadeloupe ;

ce que nous dénonçons, c’est l’ensemble des jugements qui ont été énoncés dès les début du mois de juin 1802, et qui condamnèrent à la déportation (la double peine de l’Africain déporté : un esclave est déporté pour avoir résisté à l’oppression) ou envoyèrent à la potence des milliers de nos ancêtres ;

ce que nous dénonçons, ce sont ces propos de Lamartine (1835) … « punir la société de la mauvaise loi qu’elle a faite, et, non le colon de la mauvaise nature de sa propriété »,  ainsi que ceux de Schoelcher (1847): « nous croyons qu’une compensation est due » certes , mais à qui ?… « ne pas aller au secours des colons dans la position mineure que leur fait l’acte d’émancipation, ce serait perdre nos derniers établissements d’outre – mer, au grand dommage de la richesse publique, de notre puissance maritime et de l’influence française dans le monde.»

Ce que nous dénonçons précisément, c’est l’iniquité sur laquelle se fonde le décret de 1848 et qui autorise le vote de la loi du 30 avril 1849, qui elle – même répartit une « manne abolitionniste » entre des criminels.

Nous nous déclarons fils des 298.000 esclaves au total, qui vont être recensés, dans les colonies françaises, afin qu’ils soient rachetés aux anciens maîtres, soit en Guadeloupe, 87.000 d’entre eux, à raison de 469 F, par « esclave libéré. »

Sur le Livre de la dette publique…la République inscrira les 6 millions versés sur les 12 prévus. Les 6 autres seront versés sur 20 ans à raison d’un intérêt de 5% l’an.

  • L’esprit LKP, incarné par le mouvement de masse de 2009, ne se complaira jamais de cette incommensurable injustice.

R. GAMA

 

 

 

Une envie de dire à …L.., à C…..

Bizarre ! Qu’ils m’aient interrogé à la même heure, sur le même sujet, alors qu’ils sont en des lieux différents !
Evidemment, ma réponse fut la même aux deux..
La connaissance emprunte quelques voies royales qui enrichissent l’espèce humaine (non en pièces sonnantes et trébuchantes) en valeurs (liens sociaux, à soi et aux autres soi, liens naturels, à l’environnement naturel). Parmi toutes celles qui sont repérables en l’état des capacités développées aujourd’hui par l’espèce humaine, il y en a trois qui apparaissent, sans difficulté majeure, communicables à tous ceux qui s’intéressent à l’apprentissage et à la transmission des connaissances:*
– la connaissance sensible,
– la connaissance rationnelle,
– la connaissance dialectique…
Ce sont là des accès à des valeurs que nous donnons aux êtres et aux choses. Ce ne sont que cela. Toutes choses, autant que l’on puisse les considérer comme des « choses »(res en latin, biten en guadeloupéen) qui ne valent rien que la valeur intrinsèque que nous leur attribuons. Hors de ce champ ! Point de salut.
1) Connaissance sensible
Ce champ nous renvoie à nos cinq sens: vue, ouïe, toucher, goûter et celui qui me paraît fondamental de tous, odorat, parce que dépendant du souffle. Ces accès à l’information sur l’intérieur et tout autant l’extérieur du « nou », est très important, car il nous communique les matières brutes nécessaires à toutes nos connaissances. Ce premier niveau de connaissances est en effet brut. Ce sont les sens qui nous enseignent et renseignent.
2) Connaissance rationnelle
Ce champ nous porte au niveau des idées, de l’esprit et donc de la raison. Nous raisonnons, dit – on. Nous procédons à une opération d’association, d’opposition, de comparaison… d’idées, et cela selon un mécanisme simple que nous avons l’impression de conduire par notre capacité de calculer. L’idée est la matière principale de ce champ de connaissances.
3) Connaissance dialectique
Ce champ est celui de l’équilibre prodigué par les oppositions des contraires. Chaque fois qu’un être se manifeste il rend compte d’abord de la contradiction entre, au moins deux phénomènes. Tout ce que nous apprenons des deux précédents champs provient de ce principe qui est en toute chose. La contradiction est la clé d’entrée dans cet univers intime de tout être.

Partager, enseigner…c’est s’inspirer avant tout de ces champs de connaissances.